Boosteur d’intelligence sociale

Pourquoi tu ne trouveras pas ton âme soeur sur Internet.

par | 7, Mai, 2017 | Sociologie amoureuse | 5 commentaires

On va commencer cet article par une mise en situation. OK ?

Je vais te demander de t’imaginer un temps où Internet n’existait pas. Jusque là, ça va, non ?

Si tu as plus de 25 ans, tu as dû connaître la période d’avant Internet donc c’est  facile. Cependant, si tu es né après 1985, tu devais être encore trop jeune pour vraiment te rappeler de cette période. Comme moi, quoi.

En gros, à cette époque, pour rencontrer un homme ou une femme dans un cadre amoureux, tu pouvais uniquement demander un numéro de téléphone.

 Et j’ai envie de te dire téléphone mobile mais demande à tes parents comment ils faisaient pour communiquer et tu seras surpris. Ils n’avaient qu’un numéro de téléphone fixe !

Tu t’imagines tomber sur tes beaux-parents pour leur demander de te passer leur fille ? Ou bien l’inverse ?

Chaud, chaud, l’haricot !

Bref, pour avoir un numéro de téléphone, tu devais forcément le demander en personne puisque le chat et les emails n’existaient pas encore.

Tu devais avoir une interaction physique. Tu devais voir la personne. Lui parler de vive voix. La voir se mouvoir, voir son sourire en action, sentir son parfum.Voir sa vraie taille, son vrai visage, avoir une once d’idée de sa personnalité…

Ca, c’était avant.

Et puis il y a eu Internet…

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Charles Aznavour

Les applications & sites de rencontre. La fin du vrai coup de foudre ?

OK. Ce sous-titre est super classique et tout le monde sait qu’Internet à ruiné les dynamiques de rencontre en temps réel et réduit de 80% les possibilités d’avoir un coup de cœur live (ce pourcentage est bidon mais j’aime bien faire de statistiques).

En fait, j’ai même envie de dire que ce n’est pas directement Internet qui est en faute mais plutôt l’utilisation que nous, masse populaire, nous en faisons.

Pour moi, il y a 3 points majeurs qui ruinent complètement le romantisme sur les sites et les applications de rencontre.

Et ce sont également à cause de ces points que vous aurez dû mal, selon moi, à trouver votre véritable âme-sœur via écrans interposés.

On analyse ces 3 points en direct.

ACTION !

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On est tous des bouts de bois sans âme sur internet…

Point 1 : La faignassitude et le manque d’investissement personnel.

Soyons francs 5 minutes, mes poulets.

 Les sites de rencontre et les applications nous ont fait devenir de grosses faignasses. Des faignasses bien larvaires comme il faut.

C’est clair que c’est beaucoup plus simple de swiper des profils sur ton écran de smartphone en bouffant des chips Vico sur ton canap’ que de te bouger le c*l pour aller à un speed dating, dans un bar ou dans n’importe quelle autre activité qui te permettrait d’avoir de vraies interactions humaines.

Le fait de ne pas avoir à se déplacer ne serait pas un problème si nous avions une limite de choix (un peu comme le fait l’application Once dont le concept n’est pas tout à fait stupide).

Le souci, c’est que dès lors que tu à l’impression d’avoir un large panel de prétendant(e)s à portée de main, sans avoir le besoin de mettre un pied en dehors de chez toi, tu vas investir beaucoup moins d’effort dans la construction d’une interaction avec l’autre.

Le plus souvent, ces interactions resteront à l’état embryonnaire car, las de ne pas avoir les réponses attendues ou de trouver ton interlocuteur(trice) un peu trop barbant(e), tu ne cherchera pas à pousser l’échange plus loin.

Hé ouai, quel est l’intérêt de te casser la tête à essayer de rattraper, raviver ou prolonger une conversation alors que tu peux tout simplement en débuter une nouvelle avec quelqu’un d’autre dans la seconde ?

Du coup, on devient un peu des consommateurs boulimiques de chat qui n’aboutissent à rien, en cherchant à tout prix la discussion parfaite, l’échange fluide et qui va de soi, en oubliant souvent de persévérer et donner sa chance à cette personne qui pourrait très bien être ton âme-sœur (OK, ce terme est un peu désuet mais f*ck !)

Par exemple, Bobby commence à avoir un échange avec Pamela. Il est un peu original donc il tente d’initier la discussion avec autre chose que « Salut, ça va ? » :

Bobby : « J’ai vu que tu as un poster de Johnny Halliday sur une de tes photos. Je suis moi-même un grand fan ! Tu as déjà vu un de ses concerts ? »

Pamela (3 h après) : « Salut ! J Non, la photo a été prise dans la chambre de mon beau-père, ce gros beauf ! Je déteste Johnny Halliday en fait. »

Bobby : « Ah ok ! Qu’est ce que tu n’aimes pas dans sa musique ? J »

Pamela (1 h après) : « Je pense que c’est un beauf… »

Bobby : « Ah ok ! Et qu’est ce que tu aimes comme musique, du coup ? »

Pamela : « J’aime bien Justin Bieber. Et aussi Vianney… »

Bobby : « Ah, je n’ai jamais vraiment écouté ce genre de musique. Tu pourras me faire tester ! »

Pamela : « Oui. »

OK, on stoppe la conversation ici.

Voyons voir ce qui cloche… (outre le fait que Bobby soit clairement un gros beauf… Non, je déc ! Pardon Johnny !).

Ici, le souci, c’est que Pamela ne s’investit pas dans la discussion. Elle est en mode « réponses bidons préfabriquées » et comme elle n’a pas Bobby en face d’elle, physiquement, elle n’a aucune pression, ni aucune obligation de lui répondre ou de relancer la machine.

On est d’accord que cela arrive rarement lors d’une rencontre réelle, sauf si vraiment vous n’êtes pas intéressé par l’autre personne (ce qui ici n’est pas le cas puisque Pamela a matché ou accepté de parler avec Bobby).

On a clairement le problème de la faignassitude de Pamela. Elle n’a pas eu à se faire belle et se déplacer pour aller quelque part et rencontrer Bobby lors d’une soirée par exemple. Donc elle n’a pas eu à investir du temps, ni d’effort, pour enclencher une interaction avec lui.

Et qu’est ce que l’on obtient lorsqu’on ne fournit aucun effort pour obtenir quelque chose ?

Souvent de l’indifférence et un manque d’investissement.

Quand c’est trop facile, ça en devient lassant et le jeu en perd de sa superbe.

En revanche, si Pamela avait eu à prendre le métro + le bus pendant 1 h 30 pour aller à une soirée chez sa pote, après avoir mis 3 h à choisir méticuleusement sa robe d’été la plus sexy (celle avec les motifs de citron et un petit décolleté pas dégueu dégueu…) et se maquiller juste comme il faut (pas trop non plus, svp !), elle aurait réalisé un investissement de temps + effort.

Lorsqu’elle aurait croisé Bobby, plutôt mignon, avec une musculature pas mal dans son T-shirt noir à col en V, elle aurait sûrement daigné lui répondre par autre chose que des phrases fermées ou des mono-syllabes. En plus, il a un sourire vraiment charmant, ce qui n’aurait pas été pour lui déplaire !

Mais non ! On est sur une f*ucking dating app ! Donc elle va juste lui répondre 3 mots toutes les deux heures car elle déjà en train de chatter avec 3 autres mecs (et encore, je suis gentil…) à qui elle est en train de faire la même chose. Sauf peut-être à  ce mec mannequin qui a vraiment un corps de rêve.

C’est la même chose pour les mecs ! Cependant, on  va voir dans le point suivant que la donne est un peu différente pour ces messieurs du fait de leur position de demandeurs bien plus exacerbée.

Mais bon, sérieux ! Cette faignassitude liée à la facilité de parcourir des profils de gens tels des rayons de supermarché est en train de tuer toute la pulpe des interactions amoureuses !

Je sais que c’est beaucoup plus simple et pratique d’utiliser ce genre de médium pour rencontrer plus de monde. Pourtant, je pense que l’on tue quelque chose comparé à la manière de faire traditionnelle.

Cette petite excitation, telle une étincelle, que l’on ressent lorsqu’on croise du regard quelqu’un qui nous plaît et que l’on a envie d’apprendre à connaître.

Le déhanché d’une femme sur une piste de danse…

Un mec qui fait son jogging du matin, avec son petit cul bien fait qui bouge au rythme de sa course…

Un sourire attrapé dans un ascenseur…

Une fille qui remet ses cheveux derrière son oreille…

Tout ça, on ne l’a pas dans ces p*tains d’applis de rencontre de mes deux ! Tous ces petits signes et signaux anodins qui nous font craquer, femmes comme hommes. Des petits détails qui seront captés chez l’autre subjectivement selon nos goûts et nos valeurs propres.

Tout un chacun perçoit cela dans le réel mais ne peut que le manquer via Internet.

Et il y a encore pire. Dans une rencontre réelle, les premières paroles et regards sont des composantes quasi-indispensables à un vrai coup de cœur. Sur les applications/sites de rencontre, on finit tous systématiquement par enchainer mécaniquement les conversations par chat et à réitérer les mêmes questions et réponses lorsqu’on les initie.

On tue ainsi le mystère et empêche les ratés (souvent drôles) des premières interactions avec quelqu’un d’inconnu. On est souvent un peu stressé de parler à la personne en question à cause l’attirance qu’on lui porte. Sur Internet, on perd toute cette adrénaline et suspens des premiers instants, pourtant indispensables.

Du coup, c’est ce qui ne nous pousse parfois à ne pas à persévérer avec quelqu’un alors que c’était peut-être la bonne personne. On va se remettre en quête d’autres profils avec souvent des physiques plus avantageux mais des connections en réalité vraiment moindre.

Stéphane Edouard avait d’ailleurs bien expliqué la chose dans cet article en disant :

“Le premier rendez-vous a donc été vidé de sa part de mystère, ainsi que de la part ludique qui y était associée consistant à creuser pour apprendre à connaître votre date, dans une espèce de jeu du chat et de la souris. Il en ressort alors un sentiment d’insipide, de fade, comme souvent lorsque l’on cherche à réduire l’incertitude par un processus d’industrialisation à la chaîne. S’ensuit un embryon de relation malformée, qui est appelé à mourir peu après sa naissance.”

De nos jours, on peut même tricher en payant des gens pour se faire passer pour nous sur les applications. Ils initient des conversations à notre place, en nous vendant un peu mieux que si on le faisait nous-mêmes. C’est dire à quel point on perd toute la magie d’une première vraie rencontre ! Vraiment de la grosse carotte !

Tu t’imagines raconter un jour à tes gosses (en mode How I Met Your Mother), encore éméché par le ½ litre de pinard que tu viens de boire à l’occasion de Thanksgiving :

« Les enfants… Hic ! Maintenant que vous avez êtes majeurs, je peux vous partager mon grand secret… Hic !»

Se ressert un verre de blanc…

« J’ai grave carotté votre mère… Hic ! J’ai payé un mec pour la draguer à ma place sur Tinder. Ca m’avait coûté un bras à l’époque, surtout que j’étais livreur de Kébab à domicile et que je devais payer mon BEP dentifrice… Mais ça valait le coup… Hic ! Elle avait une paire de boobs magnifique ! Une véritable œuvre d’art !

« Papa, tu vas trop loin, là… »

« … Et ce cul de déesse… Ralala, c’était le bon temps… Mais le temps détruit tout ! »

Autant te dire que ta femme apprécierait moyen d’entendre ça après 20 ans de mariage (encore que, d’ici là, un mariage de 20 ans d’âge sera sûrement une pure légende !).

Voilà, c’est juste mon humble avis. Je pense qu’on devient des feignants et quelque part des lâches avec ce genre de comportement sur les applis.

Plus rien ne sera jamais vraiment magique ou issu du destin !

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“J’ai parlé à 4 filles sans sortir de chez moi, today ! Mon record personnel !”

Pourtant, cette oisiveté de la rencontre n’est rien comparée au prochain point que je vais t’expliquer.

Comme je le disais plus haut, celui-ci concerne principalement les hommes. Les femmes ne seront peut-être pas d’accord mais je sais que beaucoup en sont déjà conscientes.

Point 2 : Le déséquilibre entre la demande homme/femme.

Selon moi, c’est le point principal qui ruine méchamment le romantisme des applications de rencontre.

La racine du problème vient du fait que les hommes, dans leur faiblesse pour la chair féminine, se comportent comme de vrais troublions sur ce genre d’appli. J’utilise le mot « troublion » car je le préfère à « dalleux ».

La plupart des mecs sont juste bêtes à mourir lorsqu’il s’agit de trouver quelqu’un avec qui coucher. Ils sont prêts à liker tous les profils qu’ils croisent en pensant accroître les chances de pouvoir accrocher une nana dans la masse de la base de donnée.

En plus d’être en surnombre prononcé en comparaison aux femmes sur les sites de rencontres (4 hommes pour une femme !), ils ne se rendent tout simplement pas compte qu’ils se tirent eux-mêmes une balle dans le pied en agissant avec cette stratégie du grand nombre de likes ou d’invitations envoyés. Pourtant, certains pensent que c’est encore une bonne stratégie, comme expliqué dans cet article (en anglais).

En gros, les hommes ne font que baisser leurs exigences et sont prêts à faire n’importe quoi pour avoir de l’accès au sexe rapide et facile. Inconsciemment, ils deviennent tous des rivaux en faisant régresser leur niveau général  de respect pour eux-mêmes.

Déjà, de base, les femmes n’ont pas vraiment de faire de réels efforts pour attirer les mecs dans le réel mais c’est encore pire dans le virtuel. Elles reçoivent juste une quantité incroyable de demandes de la part des hommes.

Imaginons que pour une femme, il y est 100 hommes demandeurs (je pense que c’est déjà sous-estimé).

Quelle est la réaction logique de la femme lorsque la demande (les hommes) est 100 fois supérieure à l’offre (la femme en question)?

La réponse est que la femme va tellement avoir le choix parmi les prétendants qu’elle va en devenir ultra-exigeante ET CE, que ce soit dans le virtuel ou dans le réel ! Elle va d’ailleurs souvent utiliser les applis pour booster son égo en cas de coup dur.

C’est une réaction normale puisqu’elle sait que si un mec n’est pas à la hauteur, elle en retrouve un autre en un claquement de doigt ! En tant qu’homme, je ne leur jette pas la pierre et je finirai sûrement pas faire la même chose à leur place.

Le souci avec ça, c’est qu’en augmentant l’exigence des femmes, les hommes éteignent à la longue les chances de rencontrer l’une d’entre elles, possiblement ayant les mêmes passions et valeurs.

C’est clair ce que je dis ou pas … ?

Je m’explique pour que tu comprennes mieux mon charabia.

Imaginons une jeune femme. On va l’appeler Virginie. Disons qu’elle est physiquement mignonne mais loin d’un physique de mannequin. Elle est plutôt cool et ouverte d’esprit, aime bien la peinture et la salade de céleri (déjà… rien que pour ça, moi, je ne sortirai pas avec… niarf !).

Disons que Virginie, dans le monde réel, attire quelques gars mais elle est plutôt timide et elle ne fréquente que ses amies la plupart du temps. Elle sait qu’elle plaît parfois aux mecs mais elle doute quand même d’elle et ne cherche pas forcément à se caser Brad Pitt.

Parfois, elle a des rendez-vous avec des mecs qui ne lui correspondent pas forcément physiquement  mais à qui elle trouve du charme ou un petit je-ne-sais-quoi.

Et puis un jour, elle s’inscrit sur Tinder et Adopte un Mec en suivant les conseils de sa meilleure amie qui vient de se taper un mec trop beau, pianiste et surfeur (et sachant jouer du piano en surfant !).

Dès le premier jour d’inscription, Virginie hallucine. Sur Adopte Un Mec, elle a plus de 200 demandes. Sur Tinder, tous les mecs qu’elle like sont des matchs à chaque fois. Pas un seul ne l’a pas liké en amont.

Au début, elle se dit que ce n’est pas possible, qu’il y a un bug dans la matrice. 200 demandes en une journée…

« Merde, je suis pas Jessica Alba, quand même… C’est quoi ce délire… » se dit-elle, intriguée.

Au début, elle commence regarder un peu les profils des 200 mecs et se rend compte que beaucoup ont l’air vraiment sympa et agréable. Exactement le genre de mec avec qui elle pourrait sortir dans la vraie vie (tu sais, celle qui se passe dehors !).

Au début, elle est prudente. Elle accepte minutieusement, indépendamment du physique. Elle like peu mais like quand même. Elle ne voudrait pas paraître trop facile. Et puis elle ne connait pas bien l’application, ni le site.

Cependant, en épluchant bien, elle constate qu’il y a dans le lot une quinzaine de vraiment beaux mecs, avec des visages bien carrés et des muscles saillants. Deux d’entre eux ont même de belles plaquettes de chocolat sur leurs photos, pris en train de faire du basket torse-nu. Ca commence à l’émoustiller un peu. De beaux abdos comme ça, elle ne cracherait pas dessus.

Une chose lui vient alors en tête. Elle se dit que si elle peut attirer ce genre de mecs sur internet, cela veut dire qu’elle doit vraiment plaire, même en vrai.

Et puis avec plus de temps passé sur ce genre d’appli, elle finira juste par se dire :

 « Pourquoi liker des mecs banals physiquement alors que je peux avoir Jeff avec son corps de Daniel Craig ou bien Alberto, ce beau gars avec des origines italiennes et ses cuisses sculptées comme un dieu grec ? »

Voilà comment, à la longue, une fille mignonne avec des standards normaux, qui aurait auparavant donné leurs chances à des mecs normaux (et donc qui aurait agrandi son panel de choix et augmenter ses probabilités de rencontrer son futur mari) va juste fermer toute les portes et se baser sur ses critères construit au travers des applis/sites de rencontre.

Elle ne donnera pas sa chance à Quentin, ce mec venant de Bretagne qui l’avait demandé sur Adopte, qui n’était pourtant pas moche, qui avait de bonnes valeurs familiales et faisait les cunis comme un dieu. Au lieu de ça, elle va juste fréquenter Jason, rugbyman avec sa coupe rasée de près, en espérant avoir une belle histoire avec lui malgré le fait qu’il donne l’impression de se faire l’amour à lui-même pendant l’acte.

Qu’on ne se méprenne pas ici, je blâme autant les mecs qui ne choisissent qu’en se basant sur le physique. D’ailleurs, ce phénomène d’inégalité femmes/hommes sur internet a le mérite de faire subir aux hommes ce que les femmes subissent depuis des années: le jugement basé quasi-uniquement sur le physique.

Ce que je veux souligner, c’est qu’il y a un énorme déséquilibre. Les hommes, malgré leur stratégie de demande trop laxiste, permettent tout de même de donner une chance à de nombreuses femmes. Le fait d’aimer tous les profils n’est pas une bonne idée mais à le mérite de créer plus d’interaction.

De leur côté, les femmes sont devenues tellement exigeantes (parfois même lorsqu’elles n’ont rien à offrir d’extraordinaire en retour)  qu’elles affinent et finissent par désintégrer les opportunités de rencontre de 80 % des mecs. Elles finissent par se rendre compte qu’un profil masculin accepté ou liké par elles sera quasiment un match. Naturellement, elles deviennent beaucoup plus méticuleuses dans leur choix.

On en arrive au point fatidique où les hommes tombent dans la déception, n’obtenant que rarement des retours des femmes (voir jamais pour certains). Evidemment, cela paraît aussi logique dans le sens où les mecs, likant davantage de profils pour augmenter leur chance de matcher s’exposent à recevoir plus de refus, augmentant la frustration.

De plus, à l’instar de la préférence physique, j’ai également lu plusieurs fois que les gens se focalisent énormement sur le métier de l’autre, comme décrit dans cet article. Même si cela ne va contrôler la décision à 100%, je suis prêt à parier que cela pèse lourd dans la balance de certaines personnes.

Dans les métiers recherchés par les mecs, on trouve mannequin, hôtesse de l’air, infirmière… Paye tes clichés ! Je ne parle même pas de la liste des femmes avec, au sommet, pilote de ligne. Bah, bien sûr ! Moi, je recherche une astronaute aussi, mais j’ai beaucoup de mal à trouver mon bonheur !

Cependant, c’est clair que pour moi, Internet a amplifié démesurément l’incompréhension  entre les deux sexes, ce qui vient s’ajouter à la diminution de magie et romantisme déjà issue du la fainéantise mentionnée dans le point numéro 1.

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La manière dont la plupart des mecs procèdent sur Tinder.

Point 3 : Internet manipule inconsciemment tes goûts et t’empêche d’être ouvert dans ta manière de choisir.

Ce point numéro 3 découle des deux premiers.

Il va sûrement te paraître un poil tarabiscoté et tu vas me dire que ce n’est probablement pas vrai.

Et je te dirai que tu as potentiellement raison. Mais que j’ai aussi le droit d’avoir potentiellement raison (comment je t’ai eu, là !).

Globalement, Internet agit inconsciemment sur nos goûts et notre consommation en général. Souvent, cette manipulation est insidieuse car les gens aiment rarement admettre que leurs envies sont pétrit et sculptées par une influence extérieure à la leur.

Pourtant, comme la télévision le faisait et le fait toujours, on ne peut nier qu’Internet joue un rôle majeur dans ce que l’on veut acquérir de nos jours, que ce soit des biens matériels ou nos goûts en terme de séduction.

Les réseaux sociaux ont télescopé le besoin d’attention des gens et tout le monde s’affiche. Mais les gens qui s’affichent le plus sont souvent ceux qui correspondent aux standards de beauté du moment.

En naviguant sur Facebook ou Instagram, tu finis toujours par tomber sur des photos de mannequins amateur ou pros, que ce soit à travers  le profil de tes amis ou de publicité.

On est sans cesse bombardé par des images subliminales ou évidentes  qui finissent par nous faire croire que c’est normal d’être parfait physiquement et de respecter un certain poids, un certain tour de poitrine ou de pectoraux.

Pas plus tard qu’hier, une pub pour de la lingerie féminine apparaissait à droite de mon fil d’actualité Facebook (voir la photo ci-dessous). Clairement, la fille est canon mais uniquement à cause du sens des standards actuels !

Que se passe-t-il lorsque je vois ça ? Automatiquement, un déclenchement dans mon cerveau me génère une pulsion hormonale qui m’indique que le profil me plaît, en plus d’une envie purement sexuelle. Mais est-ce que je ressens cela à cause de la photo ? Ou bien à cause d’une accumulation de matraquage de plus en plus marqué au fil des années de propagande publicitaire ?

pub-application-rencontre-internet

La photo issue de la pub sur Facebook. Inconsciemment, cela va remodeler mes goûts au fil du temps, sans que je n’ai rien demandé. Automatiquement, mes exigences vont augmenter à l’insu de mon plein gré. 

Et puis sur Instagram, c’est la ribambelle de filles et de mecs bien foutus qui se mettent en avant.

Pour être plus clair, Internet vas te pousser à te focaliser sur ce que tu es censé aimer ou apprécier le plus (un physique particulier, des passions qui t’attirent chez l’autre, une taille particulière) et donc te retirer l’envie de donner la chance à d’autres profils de personnes.

C’est quasi-systématique puisque via Internet, tu ne peux juger que sur des photos en premier lieu, puis des écrits. Si tu dois analyser 100 profils par jour, tu vas inconsciemment vite te focaliser sur les profils des personnes les plus attirantes physiquement.

D’après une étude de 2011 faite par le site OkCupid’s, les femmes pensent que 80% des mecs sur les applis/sites de rencontre ne sont pas attirants ! Cela veut dire qu’elles pensent en majorité qu’ils n’ont aucune chance de les séduire ! Voilà à quel point internet est malsain dans la manière dont il transforme nos attentes.

OK, tu as envie de me dire que toi, tu es différent(e) et que tous les goûts sont subjectifs.

Je pense que c’est vrai mais seulement dans une partie infime. Nous sous-estimons la part énorme d’influence du matraquage visuel par les sites, les réseaux sociaux, le cinéma, les magazines, etc… On pense que nos attirances sont basées principalement sur notre caractère et notre libre arbitre.

Pour moi, cela n’a jamais vraiment été vrai du fait que la société nous impose sans cesse des standards et une normalité. Nous baignons dedans sans même vraiment le savoir.

Le gynécologue-andrologue Sylvain Mimoun résume bien ma pensée dans le livre Côté coeur, côté sexe en écrivant :

“Aujourd’hui, les hommes comme les femmes ont des exigences extrêmes. Les sites de rencontres entretiennent l’illusion qu’un autre idéal nous attend, un autre qui collera parfaitement à nos envies”

En plus de l’aspect physique, la composante raciale rentrerait même en jeu d’après ce dossier écrit par Stéphane Edouard (il est long mais je conseille de le lire entièrement). Les applications et sites de rencontre accentuerait même la disparité ethniques !

 Les hommes avec des profils arabes et africains auraient d’autant plus de mal à trouver des partenaires sur ces supports, étant souvent associés à tort à la minorité qui harcèle dans les rues.

Les femmes leur accorderaient d’office une mauvaise réputation et ce, qu’elles soient blanches ou d’origines maghrébines/africaines. Du coup, elles ne leur donneront que peu d’attention sur Internet  alors qu’une entrevue dans le réel pourrait permettre à un homme de ce profil de se démarquer de part sa personnalité et son charisme.

Une fois de plus, cela conduit à une fermeture d’esprit de la part des gens. Les femmes ne leur donnent aucune chance et les hommes de cette catégorie commencent donc à développer une frustration couplée à une incompréhension qui finira par les pousser dans un cercle vicieux.

Cela diminuera donc les chances que certains couples mixtes se forment alors que les deux individus étaient possiblement compatibles à l’origine.

Conclusion

Voilà donc les 3 points en condensé qui font qu’Internet ruine et ruinera peu à peu la magie et le hasard des premières rencontres. Il nous met inconsciemment des œillères et nous fait fermer des portes. D’un côté, nous sortons moins dans le but de rencontrer quelqu’un à cause de la facilité (pour moi illusoire) qu’offre les sites/applications de rencontre. Cela ruine le mystère et l’excitation d’une rencontre live. De l’autre, nous devenons de plus en plus exigeants dans nos standards physiques recherchés.

Nous resterons alors aveugles et indifférents à certaines personnes venant vers nous, femmes comme hommes, alors même que la compatibilité et les valeurs étaient au rendez-vous, sans que nous le sachions.

Pour clore l’article et malgré mon pessimisme, je voulais juste insister sur quelque chose. Je suis convaincu que des gens auront l’occasion de vivre de belles rencontres à travers ces supports et que leurs couples dureront sûrement.

Cependant, je pense sincèrement que c’est une minorité.

Bien sur, tu as le droit de ne pas être d’accord avec tout ça et de lancer un débat dans les commentaires ! J’aime toujours discuter et avoir des points de vue différents sur n’importe quel sujet !

5 Commentaires

  1. Marie

    Mmmmh, pas tout à fait d’accord sur tout dans cet article. Je connais beaucoup de couples qui se sont formés via Internet et je pense que c’est un des meilleurs moyens pour élargir son cercle. Après, je comprends où tu veux en venir dans le sens où c’est clair que ce média a un peu “déromantisé” les rencontres. C’est sûr que dire qu’on s’est rencontré en ligne, c’est pas très glamour mais ça devient le lot de presque tout le monde aujourd’hui !
    Bon courage,
    Soph’

    Réponse
    • CaptainFeeling

      Salut Marie ! Merci de ton retour ! Je suis d’accord avec toi, dans le sens où les applis/sites de rencontre sont devenus une composante quasi inhérente à notre société moderne. C’est un fait que l’on ne peut pas nier. Je connais également des couples formés via Internet qui marchent très bien. Cependant, je parle ici d’un constat plus global. Internet nous rend glouton et exigeant, ce qui ne nous conditionne que moyennement à vouloir s’investir réellement dans les rendez-vous et nous blase !

      Réponse
      • L'inconnu du web

        100 % d’accord sur le manque d’investissement de la part des femmes. Clairement, elles sont de plus en plus sollicitées et jouent énormément de leur physique (mais peut-on les blâmer ?), comme les mecs le font beaucoup maintenant. D’accord pour dire qu’internet à amplifier l’aspect superficiel des rencontres.

        Réponse
  2. Petitepuce

    Assez d’accord après la lecture de cet article. De ce que j’ai pu vivre, les applis sont clairement une usine à rencontre et gâche le côté “instantané” d’un rendez-vous. On connaît souvent beaucoup trop d’informations avant même d’avoir réellement vu la personne. De nos jours, c’est devenu un passage obligé mais je préfère une bonne vieille rencontre “live” !

    Réponse
    • CaptainFeeling

      Amen to that ! :yahoo: Je ne veux pas diaboliser les applis car ça facilite quand même la vie mais je maintiens que l’on tend vers un système de rencontre qui n’est pas totalement sain.

      Réponse

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